J’aime l’araignée et j’aime l’Ortie.

 

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J’aime l’araignée et j’aime l’Ortie.
Parce qu’on les hait ;
Et que rien n’exauce et que tout châtie
Leur morne souhait :
Parce qu’elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu’elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;
Parce qu’elles sont prises dans leur oeuvre ;
0 sort ! fatal nœud !
Parce que l’Ortie est une couleuvre,
L’araignée un gueux ;
Parce qu’elles ont l’ombre des abîmes,
Parce qu’on les fuit,
Parce qu’elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit.
Passants faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !
Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu’on oublie
De les écraser,
Pour peu qu’on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La mauvaise bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !

Victor Hugo, Les Contemplations

Eloge des aubergines

Regarder avec un regard neuf tout ce qui nous entoure, voilà l’approche que pratique Marie-Sophie L dans son livre : L’instant cru. Voici un bel exemple avec les aubergines !

Ce regard neuf est un exercice précieux pour aiguiser notre admiration face à ces cadeaux de la nature dont la profusion peut avoir tendance à émousser la miraculeuse beauté !

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Solanacées haute couture, majestueuses dans leur robe brillante, d’une spirituelle coquetterie dans leur déclinaison du violet profond au blanc pur et même parfois audacieusement tigrées… Fruits et légumes à la fois, elles sont inclassables par la sensualité provocante de leurs courbes et la sagesse irréprochable de leur collerette. Si la présence de saponine les rend peu intéressantes telles quelles, leur texture d’éponge leur vaut d’être précieuses dans l’Instant Cru. Prêtes à s’imbiber de parfums et d’épices avant de se laisser déshydrater, elles contribuent à la confection de bacon végétaux, de morceaux qui rappellent la viande par leur consistance et leur aptitude à libérer l’arôme des marinades qui les imprègnent

Et qu’en disent les courgettes ?

 

Reconsidérer notre place sur terre, tenir compte des liens omni-présents, utiliser la formule magique de l’inversion de regard…

Marie-Sophie L en donne régulièrement des exemples dans son livre : L’instant cru. Ainsi pour des lasagnes à la Napolitaine, quel est le point de vue des courgettes ?

Voilà une précieuse source d’inspiration pour conduire des exercices pouvant donner un nouvel éclairage à nos séances de cuisine… et à notre relation au Vivant !

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Les courgettes adorent se laisser détailler en bandes le plus large possible, dans la longueur, par une mandoline.

Elles aiment se laisser légèrement saler  avant de dégorger et de s’assouplir ou s’étaler sur une feuille Téflex avant de se reposer sous la douce chaleur du déshydrateur pour perdre un peu d’eau ainsi que de leur croquant… tout en restant al dente

Les bandes de courgettes se lovent les premières au fond d’un plat à gratin ou d’un moule, se laissent recouvrir successivement de couches de ricotta, de macadamia, de sauce napolitaine, de pesto, tout en revenant s’intercaler entre les différentes préparations selon leur humeur. Et ainsi de suite jusqu’à épuisement… des ingrédients. C’est la béchamel de cajou qui a le dernier mot et vient clore la débauche de superpositions.

 

Vers la simplicité : un cheminement souvent difficile

Prendre pleinement conscience des trésors qui se cachent derrière ce mot de « simplicité ». Mais cela demande un vrai travail, car comme le disait Van Gogh, « Comme il est difficile d’être simple » !

Pour accéder à ces trésors, il y a des barrières à lever avec les connotations négatives de la sobriété, de la décroissance.
Chacun sera invité à faire l’inventaire de ses motivations pour faire telle chose, acheter ou garder tel objet, et autres éléments de son mode de vie.
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A l’écoute des leçons de la nature

Sujet central qui pourrait bien être abordé lors de nos causeries durant la semaine de vacances autrement ou à d’autres occasions.

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Impasses et détournements liés à l’observation de la nature
Importance toute relative des aspects souvent mis en exergue :
La lutte pour la vie, la dure loi des « mangeurs-mangés », la compétition, la sélection, etc.
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Ressentir… voilà le secret

Un séjour qui vous ouvre les portes du bonheur ! C’est possible, il suffit d’appliquer quelques règles élémentaires dont la première concerne le « ressenti ». Simple, mais pas forcément facile !!!

Ressentir est bien plus précis que le fait de dire qu’il faut y croire, qu’il suffirait d’affirmer un souhait pour qu’il se réalise. Le secret est de « ressentir » la situation à laquelle vous aspirez.
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La force mystérieuse de la beauté

L’éclat d’un rayon de soleil, la fougue d’un tableau, la douceur d’une chanson, le profil d’un passant : qui n’a jamais ressenti la magie de l’émotion esthétique ? Un instant suspendu, une évidence inexplicable, un sentiment de transcendance… Les propos qui suivent sont adaptés d’une interview du philosophe Charles Pépin.

La première force de la beauté est d’être le jaillissement soudain d’une présence d’absolu au milieu du quotidien. A partir d’éléments ordinaires elle déclenche en nous une émotion profonde, qui a le pouvoir de nous arracher quelques instants au flot de nos pensées et de nos activités.

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Qu’est ce qui est là ?

« Qu’est ce qui est là, qu’est ce qui respire en nous ?
Je vous propose d’être là, d’être un peu plus là

Et cela commence dans le corps que nous sommes
En sentant le contact de notre corps sur la chaise
En sentant le contact de nos pieds sur le sol
En sentant notre colonne vertébrale
Notre colonne vertébrale qui est comme l’Arbre de Vie
Cet arbre qui relie la terre et le ciel, cet axe, notre droiture
Notre corps n’est pas le tombeau de l’âme
C’est le temple de l’Esprit
C’est une maison pour abriter le vent
Pour accueillir le souffle
Accueillir l’inspir et l’expir
Inspirez plus doucement, expirer plus doucement
Ne faire qu’un avec ce souffle
Ce souffle qui nous inspire et qui nous expire
Entrez simplement dans cette conscience du souffle
Et ne pas avoir peur d’aller au fond de l’expir
Expirez profondément et doucement et restez là un petit moment
Ecoutez, goûtez les saveurs du Silence
Un je ne sais quoi, un presque rien
Et c’est de ce Silence que va naître un nouvel inspir
Laissez le venir comme un cadeau
Simplement respirez, consciemment, doucement, profondément
Et peut être sur le rythme même du souffle,
Accordez l’invocation qui est la votre si vous avez une tradition particulière
Ou simplement ‘je suis’ Etre là, je suis là
Laissez dans ce je, dans ce petit je, laissez être la grande Présence
Celui qui est plus intelligent que nous, en nous
L’intelligence créatrice, la Conscience première
Laissez être au cœur de notre vie, une vie plus vaste
Sentir que notre souffle vient de l’infini et retourne à l’infini
Et au niveau du cœur, laissez venir cette simple gratitude, cette bonté
Quelque chose comme un soleil qui éclaire, qui réchauffe
Plus moi que moi-même, tout autre que moi-même
Et méditez vous savez,
Ce n’est pas courir après le soleil
C’est se laisser ensoleiller
Quelques instants, se laisser ensoleillé par la Présence silencieuse
Pour notre bien être et le bien être de tout et de tous

Très beau texte de Jean-Yves Leloup
publié sur Facebook « LEnseignement-de-Jean-Yves-Leloup »

 

Bonheur et vacance seraient-ils incompatibles ?

Ah ! Être en vacances. Au premier degré voilà une perspective réjouissante. Mais quel est le sens particulier qui se cache derrière ce mot ? Les congés, villégiature, certes, mais c’est aussi la situation d’un poste, d’une charge, restée sans titulaire ; c’est la notion d’interruption, de vacuité. Il n’y a plus personne aux commandes alors que notre conscience ne devrait pas être en « vacance » et la plage de sable fin ne pas nous couper de l’essentiel.

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Le sens caché est pour autant perçu par notre inconscient ; nous risquons de mettre en place des stratégies pour nous éloigner en toute bonne foi de ce qui est essentiel et que l’on évite de rencontrer et qui, pour autant, nous recherche inlassablement jusqu’au jour où il apparait, brisant nos résistances, parfois dans la crise.

Bien sûr, je joue un peu sur les mots… mais notre inconscient n’entre pas forcément dans ces subtilités entre la vacance et les vacances !

Les « vacances… autrement » vont veiller à cultiver la conscience de l’instant présent, à affiner le poste « d’observateur » qui nous permet de voir les mécanismes à l’œuvre qui pourraient nous priver du bonheur de conduire notre vie, de rester aux commandes, pour resté « connecté » à notre être essentiel. Ce mode de fonctionnement demande de la vigilance, mais ne nous prive en rien des plaisirs d’une période de « vacances » qui deviendra en fait une période de grand bonheur.

Vous distraire, vous divertir, vous occuper ?

Ces trois termes courants, utilisés dans un cadre de « loisirs »  comportent la même ambigüité !

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Donner de la place aux « distractions », « se distraire » : cela parait bien engageant : passer du bon temps, s’amuser… mais attention au piège sous-jacent ! Le sens originel du mot nous parle de : détourner l’esprit d’un objet, d’une occupation. (Il ne faut pas distraire les gens qui travaillent). Et si nos distractions nous rendaient distraits à l’essentiel ?

Un divertissement est une activité qui permet aux hommes d’occuper leur temps libre en s’amusant et de se détourner ainsi de leurs préoccupations. Le terme divertissement est apparu en Europe à la fin du XVe siècle. Il désignait alors l’action financière de détourner à son propre profit, ou distraire, une part de l’héritage. Par la suite, cette définition a été reprise pour l’appliquer à ce qui détourne quelqu’un de l’essentiel. Progressivement, il s’est associé à l’idée de plaisir et plus tard de loisirs. (Wikipedia). L’ambigüité est ainsi clairement évoquée !

S’occuper ou être occupé ! Etre sous le régime de l’occupation ! L’occupation est une situation dans laquelle se trouve un État, au cours ou à l’issue d’un conflit, envahi et placé sous domination militaire étrangère sans pour autant être annexé. (Wikipedia). Pas très réjouissant, même si l’occupant prend bien soin de nous. Les Romains excellaient dans cet « art » : Du pain et des jeux. Encore une situation où l’on perd notre liberté, notre disponibilité, notre motivation pour nous détourner de l’accès à « l’essentiel ».

Les « vacances… autrement » vont concilier les « loisirs » tout en affinant notre relation au Vivant : l’essentiel est ainsi non seulement préservé, mais régulièrement visité de manière joyeuse. Le piège de ces occupations, distractions et divertissements aura été évité.