Beaux textes

La littérature, la poésie, les contes peuvent nous nourrir de beauté et de merveilleux. Nous pouvons ainsi trouver les mots ou créer l’ambiance permettant d’exprimer une émotion, d’accompagner un élan d’admiration, de partager un ressenti. Une manière aussi de prendre conscience de notre reliance à cette communauté d’écrivains, d’artistes, de penseurs de toutes époques et de tous lieux qui magnifient l’aventure humaine à laquelle chacun apporte sa contribution.

J’aime l’araignée et j’aime l’Ortie.

 

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J’aime l’araignée et j’aime l’Ortie.
Parce qu’on les hait ;
Et que rien n’exauce et que tout châtie
Leur morne souhait :
Parce qu’elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu’elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;
Parce qu’elles sont prises dans leur oeuvre ;
0 sort ! fatal nœud !
Parce que l’Ortie est une couleuvre,
L’araignée un gueux ;
Parce qu’elles ont l’ombre des abîmes,
Parce qu’on les fuit,
Parce qu’elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit.
Passants faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !
Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu’on oublie
De les écraser,
Pour peu qu’on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La mauvaise bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !

Victor Hugo, Les Contemplations

Qu’est ce qui est là ?

« Qu’est ce qui est là, qu’est ce qui respire en nous ?
Je vous propose d’être là, d’être un peu plus là

Et cela commence dans le corps que nous sommes
En sentant le contact de notre corps sur la chaise
En sentant le contact de nos pieds sur le sol
En sentant notre colonne vertébrale
Notre colonne vertébrale qui est comme l’Arbre de Vie
Cet arbre qui relie la terre et le ciel, cet axe, notre droiture
Notre corps n’est pas le tombeau de l’âme
C’est le temple de l’Esprit
C’est une maison pour abriter le vent
Pour accueillir le souffle
Accueillir l’inspir et l’expir
Inspirez plus doucement, expirer plus doucement
Ne faire qu’un avec ce souffle
Ce souffle qui nous inspire et qui nous expire
Entrez simplement dans cette conscience du souffle
Et ne pas avoir peur d’aller au fond de l’expir
Expirez profondément et doucement et restez là un petit moment
Ecoutez, goûtez les saveurs du Silence
Un je ne sais quoi, un presque rien
Et c’est de ce Silence que va naître un nouvel inspir
Laissez le venir comme un cadeau
Simplement respirez, consciemment, doucement, profondément
Et peut être sur le rythme même du souffle,
Accordez l’invocation qui est la votre si vous avez une tradition particulière
Ou simplement ‘je suis’ Etre là, je suis là
Laissez dans ce je, dans ce petit je, laissez être la grande Présence
Celui qui est plus intelligent que nous, en nous
L’intelligence créatrice, la Conscience première
Laissez être au cœur de notre vie, une vie plus vaste
Sentir que notre souffle vient de l’infini et retourne à l’infini
Et au niveau du cœur, laissez venir cette simple gratitude, cette bonté
Quelque chose comme un soleil qui éclaire, qui réchauffe
Plus moi que moi-même, tout autre que moi-même
Et méditez vous savez,
Ce n’est pas courir après le soleil
C’est se laisser ensoleiller
Quelques instants, se laisser ensoleillé par la Présence silencieuse
Pour notre bien être et le bien être de tout et de tous

Très beau texte de Jean-Yves Leloup
publié sur Facebook « LEnseignement-de-Jean-Yves-Leloup »

 

La danse des étoiles

Alliance féconde, inspirante, entre amour, poésie et spiritualité !

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J’aime ta bouche et
La danse des étoiles
J’aime tes lèvres et
La neige sur la montagne
J’aime tes yeux et
Le chant des herbes sur mon chemin
J’aime ton ventre et
La force du vent dans la tempête
J’aime tes hanches et
Leurs navires
J’aime tes pas
Et ta lumière…

Marc-Alain Ouaknin – Je suis le marin de tes yeux

L’arbre, lien entre la terre et le cosmos

L’arbre, lien entre la terre et le cosmos

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« Un arbre, c’est la Vie …
C’est toutes les saisons de la Vie
… avec son temps de fleurs.
avec son temps de fruits …
avec ses feuilles qui tombent
et ses bourgeons qui renaissent »

Je voudrais ajouter quelques mots à cette parabole des arbres
Voir article : regarde les arbres comme ils travaillent

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« Avoir confiance dans l’action des arbres, pourtant, ne suffit pas, mon fils. Il faut aimer les arbres, les protéger, les respecter, leur permettre de se multiplier. »

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« Essaie -mon fils- d’apporter ton concours à cette œuvre gigantesque : il y va de l’avenir de ceux dont toi, un jour, tu seras aussi le grand-père.

Puisses-tu, lorsque tu seras arrivé au soir de ta vie, avoir compris le sens du témoignage d’amour que je dédie ici à l’arbre, ce trait d’union si frêle et fragile à la fois, entre le cosmos vers lequel les branches se tendent, et la terre dans laquelle plongent ses racines. Si frêle, parce qu’il cherche à relier, par ses tentacules dérisoires, une planète à son univers. Mais aussi si puissant quand il joue, de concert avec des centaines de millions d’arbres, sa partition dans le grand orchestre des vastes étendues forestières. »

Pierre-Jakez Helias

Regarde les arbres comme ils travaillent !

Regarde les arbres comme ils travaillent !

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« Regarde, regarde les arbres comme ils travaillent.

– Qu’est ce qu’ils font grand-père ?
– Ils rattachent la terre au ciel. Et cela, c’est très difficile. Vois-tu, le ciel est si léger qu’il est toujours sur le point de prendre la fuite. S’il n’y avait pas d’arbre, il nous dirait adieu le ciel. Alors, il ne nous resterait plus qu’à mourir. Mais, heureusement, il y a les arbres…
Regarde ce tronc rugueux, tu vois. C’est comme une grosse corde. Il y a même des nœuds dedans. Mais à chaque bout, les fils de la corde se desserrent et s’élargissent pour s’accrocher au ciel et à la terre. On les appelle des branches en haut et des racines en bas. Mais c’est la même chose. Les racines cherchent leur chemin dans le sol de la même manière que les branches cherchent leur chemin dans le ciel.

– Mais grand-père, c’est plus difficile d’entrer dans le sol que dans le ciel !
– Hé non mon fils. Si c’était vrai, les branches seraient droites. Et vois comme elles sont tordues sur le vieux pommier ! Elles doivent aussi chercher leur chemin. Elles poussent. Elles changent de direction. Elles ont parfois bien plus de mal que les racines.

– Et qu’est-ce qui leur donne tout ce mal, grand-père ?
– C’est le vent. Le vent voudrait séparer le ciel et la terre.
Les arbres tiennent bon. Mais c’est une sacrée bataille, mon fils. »

Et nous, grand-père, que devons-nous faire ?
Avoir confiance, mon fils. Avoir confiance dans les arbres contre le vent »

Pierre-Jakez Helias

Il te suffira si peu

Il te suffira si peu
Le vent qui passe
Le soleil qui agrandit ton ciel
Un oiseau qui chante
Un sourire qui illumine un visage
Une mélodie qui ruisselle
Ou un rouge qui chatoie
 
Pour que ton cœur se lève
Transparent et lumineux
Lavé des troubles et des doutes
Simplement dressé et joyeux
Sur ton chemin de cailloux blancs.

Merci à Michèle Théron  et son magnifique site inspirant : le jour et la nuit

Une perle au doigt

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C’est une histoire d’amour si vieille
Qu’on ne sait plus qui,
De l’eau ou de la feuille,
S’offrit un jour en mariage
Sous un ciel humide de félicité.

Comme on passe une perle au doigt
Les amants glissent au fil des saisons
Et leurs noces éternelles
Font des éclats lumineux
Qui roulent aux rives de la beauté.

Merci à Michèle Théron – blog  http://lejour-et-lanuit.over-blog.com

Anthologie déserts 1

Anthologie déserts 1

Parler du désert, ne serait-ce pas, d’abord, se taire, comme lui, et lui rendre hommage non de nos vains bavardages mais de notre silence ? Théodore Monod

Le désert est le jardin d’Allah, duquel le Dieu des justes a enlevé toute vie humaine ou animale superflue afin de pouvoir disposer d’un espace où il puisse cheminer en paix. Dicton arabe

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Densité particulière de silence. Présence aiguë de la matière minérale. Couleurs ténues de la pierre, du sable. Solitude et vide abrasifs. Mode de vie que le lieu, dans son excès, réduit à l’essentiel. Rareté et nécessité conjuguées. Edwige Lambert

J’ai découvert la vie sans nostalgie, l’allégresse de l’unité du corps et de l’esprit avec l’espace, le désir poignant de la fusion aux éléments par le biais de l’épuisement, la tentation de la nuit ou de l’aurore de marcher sans fin et de se fondre entre ciel et terre. On doit pouvoir disparaître ainsi. Roselyne Chenu

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L’expérience du désert a été, pour moi, dominante. Entre ciel et sable, entre le Tout et le Rien, la question est brûlante. Elle brûle et ne se consume pas. Elle brûle pour elle-même, dans le vide.
Edmond Jabès

Le désert est le pays de l’absolu et de l’absolu détachement. Il est aussi le pays de l’absolue vérité. François Beslay

Quand on a connu le désert, on lui reste à jamais redevable d’une épreuve bénéfique, celle qui vous enjoint d’oublier. Le silence du désert vous dépouille. Par là, vous devenez vous-même. C’est-à-dire rien. Mais un rien qui écoute. Edmond Jabès

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A vivre dans le désert, on apprend à recevoir du même coeur le dénuement et la profusion. L’éternité du monde est fugitive, la fleur d’un seul jour justifie à certains instants toute l’histoire des hommes. Albert Camus

Fleurs esquissées en quelques mots

Fleurs esquissées en quelques mots

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En cueillant ses pétales,
vous ne saisissez pas
la beauté de la fleur.
Rabindranàth Tagore

Sois comme la fleur,
épanouis-toi librement
et laisse les abeilles
dévaliser ton cœur !
Ramakrishna

Les fleurs du printemps
sont les rêves de l’hiver
racontés, le matin,
à la table des anges.
Khalil Gibran

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En croyant à des fleurs,
souvent on les fait naître
Edmond Rostang

… un grain de poussière
ne souille pas une fleur.
Rabindranath Tagore

Voici des fruits, des fleurs,
des feuilles et des branches
et puis voici mon coeur,
qui ne bat que pour vous.
Paul Verlaine

Le sourire est à la beauté
ce que les fleurs
sont au printemps
Yves Duteil

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Dans un grain de sable
voir un monde-
Et dans chaque fleur des champs
le Paradis,-
Faire tenir l’infini
dans la paume de la main-
Et l’Eternité dans une heure.
William Blake

Donne au vent un bouquet
cueilli sur ton visage en fleurs,-
Et je respirerai l’odeur
des sentiers que tu foules.
Chams al-Din Muhammad Hafiz

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 Les papillons
ne sont que des fleurs
envolées un jour de fête
où la nature était en veine d’invention et de fécondité.
George Sand

J’ai perdu ma goutte de rosée ! disait en pleurant la fleur
au ciel matinal
qui avait perdu
toutes ses étoiles.
Rabindranath Tagore

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 Une fleur tombée.-
A sa branche je la vois revenir
C’est un papillon!”
Arakida Moritaké 

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En somme la beauté est partout.
Ce n’est pas elle qui manque
à nos yeux,
ce sont nos yeux
qui manquent à l’apercevoir.
Inconnu

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Les fleurs de l’amour

L’amour
est la seule fleur
qui pousse et grandit
sans l’aide des saisons.
Khalil Gibran

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Bleuet coquelicot

La vie est une fleur.
L’amour en est le miel.
Victor Hugo

Voici des fruits, des fleurs,
des feuilles et des branches
et puis voici mon coeur,
qui ne bat que pour vous.
Paul Verlaine

Chaque baiser est une fleur dont la racine est le cœur.
Inconnu

Si Dieu n’avait fait la femme,
Il n’aurait pas fait la fleur.
Victor Hugo

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Donne au vent un bouquet
cueilli sur ton visage en fleurs,-
Et je respirerai l’odeur
des sentiers que tu foules.
Chams al-Din Muhammad Hafiz

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Fleurs eros Bertrand

Chants d’amour pour fleurs des champs.
Petite suite poétique illustrée de portraits de coeur de fleurs pour entrer dans leur intimité …
Ecriture inspirée et friponne de Bernard Bertrand ! Extrait des Fleurs d’Eros

Une fleur, c’est du désir naissant
Une source infinie d’émotions
Où le poète puise l’inspiration…

Une fleur vit de l’amour naissant,
De ces quelques instants divins
Où les caresses de la brise et du vent
Exhalent des parfums enivrants,
Libèrent de sauvages instincts,
Poussent à de primitives pulsions
Qui toujours captent l’attention
De ceux qui se croient ses amants

Une fleur, c’est du désir naissant
Une source infinie d’émotions
Où le poète puise l’inspiration…

Et s’il fallait, aujourd’hui,
Sur cette fleur mettre un nom,
J’y mettrais le tien !