Beaux textes

La littérature, la poésie, les contes peuvent nous nourrir de beauté et de merveilleux. Nous pouvons ainsi trouver les mots ou créer l’ambiance permettant d’exprimer une émotion, d’accompagner un élan d’admiration, de partager un ressenti. Une manière aussi de prendre conscience de notre reliance à cette communauté d’écrivains, d’artistes, de penseurs de toutes époques et de tous lieux qui magnifient l’aventure humaine à laquelle chacun apporte sa contribution.

Une fleur pour changer de regard

Regarder la fleur ; la surprendre peut-être en train de nous regarder à son tour. Où est la réalité ? Cette interrogation sous forme d’une fissure dans notre rationalité va laisser l’espace juste suffisant pour être inondé de beauté. S’apercevoir alors que le changement de regard, de perspective, de point de vue peut nous ouvrir de nouveaux horizons merveilleux : il suffisait de passer de l’autre côté du miroir ! Les poètes en témoignent.

Dans un grain de sable
voir un monde
Et dans chaque fleur des champs
le Paradis
Faire tenir l’infini
dans la paume de la main
Et l’Eternité dans une heure.
William Blake

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Au lieu de se plaindre
de ce que la rose a des épines
il faut se féliciter
de ce que l’épine
est surmontée de roses
et de ce que le buisson
porte des fleurs.
Joseph Joubert

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Fleurs – fragments poétiques 2

Les grands mystères de la vie échappent aux discours. Seuls les artistes peuvent en témoigner à travers leur pratique. Remercions ces poètes qui nous ont laissé quelques vers pour évoquer la magie des fleurs, les secrets de l’amour, la beauté de la vie !

Naître avec le printemps,
mourir avec les roses :
Sur l’aile du zéphyr
nager dans un ciel pur
Balancé sur le sein des fleurs
à peine écloses,
S’enivrer de parfums,
de lumière et d’azur…
Voilà du papillon
le destin enchanté.
Alphonse de Lamartine

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Le sourire est à la beauté
ce que les fleurs
sont au printemps
Yves Duteil

Les papillons
ne sont que des fleurs
envolées un jour de fête
où la nature était en veine d’invention et de fécondité.
George Sand

Fleurs – fragments poétiques 1

Face à tant de beauté, les peintres, les poètes expriment leur expérience à travers leur art. Il suffit au poète de partager son ressenti face à une seule fleur pour assister chez ses lecteurs à l’émergence d’une multitude d’impressions personnelles ! En effet, chacun, avec sa sensibilité, reçoit ce qui le touche au plus intime de son être. Une subtile connivence s’établi ainsi dans la diversité des expériences individuelles. Cette « voie des fleurs » ne pourrait-elle pas encourager les humains à partager de la même manière leur ressenti face à cette force mystérieuse qui est à l‘origine de ces fleurs et qui organise la danse des étoiles ?

Les fleurs du printemps
sont les rêves de l’hiver
racontés, le matin,
à la table des anges.
Khalil Gibran

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Vergerette du Canada Echinacée

Les papillons
ne sont que des fleurs
envolées un jour de fête
où la nature était en veine d’invention et de fécondité.”
George Sand

J’ai perdu ma goutte de rosée ! disait en pleurant la fleur
au ciel matinal
qui avait perdu
toutes ses étoiles.
Rabindranath Tagore

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A quoi rêvent-ils dans les fleurs
Les papillons
Muets
Haïku

Avec les rêves
on peut aussi
faire des confitures.
Il suffit d’ajouter
des fleurs
et du sucre.
Stanislaw Jerzy Lec

Comme c’est beau !

Voyez où nous ont conduit la raison raisonnante, la technologie débridée et la science arrogante, la volonté de puissance et de conquête, l’avidité financière et l’obsession de la croissance…

Et c’est d’autre chose dont nous avons aujourd’hui grand besoin : de compassion pour la Terre, les plantes et les animaux, de frugalité et de simplicité de vie, de convivialité, d’innocence et de pureté du regard, d’amour du Réel plutôt que du virtuel, de silence et de beauté… Et surtout, surtout : de ce souci inquiet et attentif de l’autre, qui est attribut du féminin…

Tout cela nous pouvons l’entretenir en nous en cultivant un « état de poésie », une autre vision de la vie, que nous enseignent certains poètes et artistes.

Voilà l’invitation que nous lance Jean-Louis Gueydon de Dives, président de la Fondation pour une Terre Humaine et des Editions La Voie de l’Autre.

Accéder à son blog

Une mine de beaux textes à écouter

 Voici une de ces introductions présentant les enregistrements d’œuvres diverses organisés autour d’une vingtaine de thèmes. Ici la présentation de

Etablir une relation profonde avec la nature : les carnets de Krishnamurti

Krishnamurti a écrit dans son dernier journal : « Si nous pouvions établir une relation profonde et durable avec la nature, nous ne tuerions jamais d’animaux pour nous nourrir, nous ne ferions jamais de mal aux singes, aux chiens ou aux cochons d’Inde en pratiquant la vivisection dans notre seul intérêt. Nous trouverions d’autres moyens de soigner nos blessures et de guérir nos maladies. Mais la guérison de l’esprit est tout autre chose. Cette guérison s’opère peu à peu au contact de la nature, de l’orange sur sa branche, du brin d’herbe qui se fraie un passage dans le ciment, et des collines couvertes, cachées par les nuages. Ce n’est pas le produit d’une imagination sentimentale ou romantique, c’est la réalité de celui qui est en relation avec tous les êtres vivants et animés de la terre. »

Et encore : « Si vous n’êtes pas en relation avec les êtres vivants de la terre, vous risquez de perdre votre rapport à l’humanité, aux êtres humains »…

Krishnamurti

Mais il faut bien comprendre que ce n’est pas du sentiment commun de la nature – que tout un chacun peut éprouver – dont il est ici question, mais d’un sentiment beaucoup plus profond : « …ces rochers, ces champs, ces minuscules cabanes n’étaient plus là, mais seulement la beauté, l’amour, la destruction et l’immensité de la création… »

 

L’homme-joie

Un cadeau que je m’empresse de partager : un nouveau livre de Christian Bobin. J’y ai relevé ces quelques passages dans lesquels la poésie permet de pressentir la saveur de l’indicible !
C’est la qualité de notre regard qui nous permet de réenchanter notre vie.

Il parle d’un instant d’émerveillement avec la vue d’un « cheval lourd mastiquant de l’herbe engraissée par des jours et des jours de pluie » lui permettait de contempler un instant « un sage à tête de cheval qui mâchait la lumière verte mouillée de pièces d’or. Cette vision avait quelque chose de religieux. La vie banale était tranquillement soulevée au-dessus d’elle-même (…) Le cheval brun, sa tête plongée dans l’or et les herbes dociles, composait une phrase infiniment rassurante sur la vie (…) le miracle est là, dans la même vue je découvrais un ange mangeur d’étoiles, un moine des heures oisives, la preuve que la vie n’était pas fâchée avec nous, qu’elle n’avait jamais été aussi proche, immatérielle, impalpable, verte et jaune avec son portier nonchalant à tête de cheval. »

« Le miracle arrive (…) quand s’éveille ce qui dormait sous nos yeux »

Ce regard qui transforme un cheval, plus loin un pois de senteur permet le même miracle avec les tâches les plus insignifiantes :
« Faire la vaisselle est une activité métaphysique qui redonne à un morceau de matière un peu de l’éclat du premier matin du monde. » (…) La vaisselle renait deux fois par jour. Son mouvement est celui des marées, une pulsation de l’énigmatique banalité des jours. »

L'homme-joie Bobin

Et au passage son appréciation sur l’impact de la télévision :

« Dans les lointains, une télévision accomplit sa morne besogne comme un bourreau tranchant sans émotion les têtes divines du silence et du songe »
La recherche du paradis, ce n’est pas hier ou demain, mais maintenant, car « C’est par distraction que nous n’entrons pas au paradis de notre vivant, uniquement par distraction ».