Photo méditative

Ne plus « prendre » des photos mais se laisse prendre, surprendre par la beauté inattendue d’un détail, d’une ambiance, d’un éclairage qui s’impose à nous quand nous laissons la vie guider notre regard et ouvrir notre cœur : telle est la démarche de cette forme de méditation.

Beauté fanée

Dans la lignée de l’article « La lente dégradation des choses », voici encore une belle occasion de percevoir la beauté face à l’éphémère de la vie, ici d’une fleur qui s’ouvre en quelques dizaines de secondes, le soir, après le coucher du soleil et qui se fanera rapidement le lendemain. Il restera alors le souvenir tenace de son parfum enivrant et subtil à la fois. Merci onagre voyageuse qui a choisi tel ou tel recoin du jardin pour t’installer fièrement.

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Voilà l’illustration de ce que les japonais qualifient de « Mono no aware » : la Beauté est partout et tout particulièrement dans les manifestations de la Vie sur le déclin…

Et ci-dessous, le souvenir de sa beauté passée, d’il y a quelques heures à peine…

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Le yugen et la patine de l’usure

Le yugen et la patine de l’usure

Suite de l’article sur le Yugen avec une photo bien représentative de cette attention émerveillée portée aux choses marquées par le temps !

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Voyage au coeur d’un bouquet printanier

Voyage au coeur d’un bouquet printanier

La photo méditative peut résulter d’une perception particulière à un instant donné.

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Une autre approche consiste à rester face à un sujet potentiel et à l’explorer longuement : là aussi cette attention soutenue peut vous conduire à donner de l’importance à des détails, à des angles de vue que vous auriez pu ne pas remarquer.

Après les tulipes, variations autour d’une fleur de lys. Pensez à soigner le fond pour que le sujet se détache sans que le regard soit perturbé par des détails déplacés de l’arrière plan.

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La magie d’une photo floue

La magie d’une photo floue

Evitez le regard voyeur, celui qui « prend » la réalité, démarche de possession et non de contemplation. Donc, ne « prenez » pas de photo ! Attendez que le paysage, le sujet quel qu’il soit, vous y invite.

Et pour laisser la poésie et la beauté vous percuter dans un instant de grâce, le flou est une technique précieuse. Flou de mise au point, flou de mouvement de la part du sujet, flou d’un reflet, flou engendré par le mouvement de l’appareil en vitesse lente…

Il y a aussi le flou lié à la surexposition. En voici deux exemples :

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Couleurs ou silhouettes ?

Couleurs ou silhouettes ?

Dans la version « minimaliste » de la photo méditative (mais ce n’est pas la seule), supprimer les couleurs d’un sujet peut mieux en révéler sa structure, son essence, certains diront son âme !

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Vous pouvez comparer ces deux photos identiques, prises le soir tombé, dont l’une avec flash.
A vous d’apprécier.

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Point de vue à inverser !

Point de vue à inverser !

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J’ai déjà eu de multiples occasions de vous parler « d’inversion de regard ». La photo méditative, en s’affranchissant des schémas auxquels notre regard est habitué, peut aussi procéder par simple « retournement » de l’appareil pour voir les choses de manière déroutante : et c’est bien cette perte de repères qui vient enrichir le résultat. Si vous ne retournez pas l’appareil, il est très simple de « retourner » ensuite la photo -sourire- !

N’oubliez pas que « conversion » est synonyme de « retournement ». J’espère vous avoir converti à porter un regard différent et libre sur le monde qui nous entoure pour en faire émerger de nouveaux éclats de beauté ! Simplement renversant…

Attraper le vent !

Attraper le vent !

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Quoi de plus délicat à saisir, mais une infinie source d’inspiration si on se concentre sur le mouvement. Appareil sur pied pour que ce qui est immobile (ici le tronc d’un palmier) soit net et pause lente pour avoir le flou des branches secouées par le vent. Ajoutez-y un peu de contre-jour et une légère surexposition.
A vous de rêver, maintenant !

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Miksang : bon oeil ou regard contemplatif

Miksang : bon oeil ou regard contemplatif

Miksang est un mot tibétain qui signifie « bon œil ». C’est un art contemplatif basé sur les enseignements d’art dharma du maître de méditation, artiste et érudit Chögyam Trungpa Rinpoché, particulièrement ses enseignements sur la nature de la perception.

 x flocons de neige en pause lente

Bon, se réfère au monde tel qu’il est, naturellement riche et vivant.
Œil, signifie qu’en travaillant avec la pratique de la photographie contemplative, on peut se connecter aux qualités de notre monde.

x mise au point sur l’arbre et pause plus lente que la précédente

Ce voyage est en fait très simple : voir avec nos yeux grands ouverts en étant présent et conscient.
Lorsque dans un moment, nous avons une perception très vive, fraîche, claire, surgit alors le désir tout naturel de communiquer cette expérience.

x et là, je ne vous en dirai pas plus !

Au moyen d’exercices visuels et de travaux photographiques, Miksang permet à l’œil et l’esprit d’être naturellement synchronisés, afin que l’expérience de voir ne soit pas perturbée par des distractions…

En savoir plus sur le site de Miksang Institute

Une simple flaque d’eau

Une simple flaque d’eau

Au croisement de la photo méditative, de l’approche minimaliste et de l’attention portée au presque rien, éphémère de surcroit, voici l’étrange capacité des reflets à évoquer les multiples facettes du réel. Illustration avec une flaque d’eau… très banale.

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Reflets du réel

Reflets du réel

J’adore les reflets sur l’eau, en fait sur tout  ce qui peut agir comme miroir. La contemplation de ces reflets me facilite cette démarche contemplative illustrée à plusieurs reprise dans la catégorie correspondante du blog.

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C’est un moyen de prendre ses distances par rapport aux formes trop familières pour laisser un peu d’étrange enrichir notre vision : c’est ainsi qu’il est possible de se libérer de ce que l’on croit savoir, de ce que l’on croit reconnaître, pour laisser de la place au jaillissement de l’imprévu. Une manière d’être moins voyeurs pour accéder à une autre réalité… et devenir des « voyants » !

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Ne cherchez pas à identifier les algues, les arbres et les déformations liées aux vaguelettes. Regardez, non pas avec la tête, mais avec le coeur et encore mieux avec votre centre énergétique, le hara. C’est alors que vous aurez une chance de ressentir l’origine commune à toutes ces énergies qui animent notre corps au rythme de celles qui font danser les étoiles et serpenter les rivières.

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