Photo méditative

Ne plus « prendre » des photos mais se laisse prendre, surprendre par la beauté inattendue d’un détail, d’une ambiance, d’un éclairage qui s’impose à nous quand nous laissons la vie guider notre regard et ouvrir notre cœur : telle est la démarche de cette forme de méditation.

Soleil

Soleil

Le soleil depuis les temps les  plus anciens, a fasciné les hommes. Il a été adoré comme  divinité ou utilisé comme riche métaphore des énergies qui président à l’existence de notre Terre.

J’ai sélectionner trois textes pour accompagner quelques photos. Trois textes d’origine fort différentes et qui évoquent la même réalité : un monde unique à partager avec toutes les autres formes de vie, dans l’émerveillement et la gratitude !

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Quand j’étreins le Soleil, les yeux de
La nuit me regardent, et quand je
M’éveille, je regarde le soleil, qui est
L’œil unique du jour.
Khalil Gibran

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Moi, la vie ardente de la sagesse divine,
J’enflamme la beauté des plaines,
J’étincelle dans les eaux,
Je brûle dans le soleil, la lune et les étoiles,
Hildegarde von Bingen

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Regardez mes frères, le printemps est venu,
la terre a reçu les baisers du soleil et nous verrons bientôt les fruits de cet amour.
Chaque graine est éveillée, et de même, tout animal est en vie.
C’est à ce pouvoir mystérieux que nous devons nous aussi notre existence.
C’est pourquoi nous concédons à nos voisins, même nos voisins animaux,
autant de droit qu’à nous d’habiter cette terre.
Tatanka Yotanka grand chef Sioux

Beauté éphémère du fragile, du presque rien !

Beauté éphémère du fragile, du presque rien !

Pas de commentaires : à vous de ressentir et d’apprécier en toute liberté.

 

 « Chaque expérience de beauté
rappelle un paradis perdu
et appelle un paradis promis. »
François Cheung

« La beauté est là ;
elle émerge, incompréhensible, inexplicable. »
Kenneth White

« La beauté pointe directement à sa source. »
Daniel Poop

Vos impressions seront les bienvenues , alors un petit message : clic ici

Voir aussi l’article « Autour de la beauté »

 

Débusquer le presque rien : quel bouleau !

Débusquer le presque rien : quel bouleau !

Sur le bord du chemin, un tas de bois pourri couvert de ronces ! Bof, pas très joli… et pourtant…

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Ne pas juger, s’approcher, prendre le temps de « regarder » vraiment.

Et voilà ce que vous allez débusquer et que j’ai eu plaisir à « immortaliser » pour partager. J’hésitais en écrivant « immortaliser » alors que tout est fugitif. J’ai laissé ce mot et je précise juste que ce n’est pas pour garder une trace photographique ni même pour nourrir votre curiosité mais bien votre coeur : et cela -en général à notre insu- est éternel, je le pressens.

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Au-delà du regard

Au-delà du regard

Ce qui est dit ci-dessous à l’occasion d’une visite de mon jardin sauvage est transposable, bien sûr, à toute expérience de la nature, et au-delà, à toute expérience, visuelle ou non,  procurée par notre vie, qu’elle soit agréable ou pas.

Aube de l'Autre 2

Arriver peut-être à ce que les profondeurs des jardins, avec en particulier leurs aspects symboliques et poétiques, arrivent à se confondre avec notre univers psychique. Faire en sorte que notre divagation spirituelle, mentale, imaginative reste alimentée par ce que notre œil perçoit des apparences offertes par les jardins et l’entraîne dans des mondes situés au-delà de ce qui est perçu.

Le jardin rend possible cette manière de voir
–appelons-la « perception en profondeur »-

en mettant à jour ce qui est imperceptible à l’œil
et en faisant émerger au royaume de la présence
tout ce qui est latent dans le phénomène.

R. Harrison

Aube de l'Autre 3

Ce qui se donne à voir
Est toujours plus grand que nos yeux
Alors : voir ce que l’on voit
Et voir tout ce que l’on ne voit pas
Ni aveugle, ni voyant
Décrire ses entre-vues.
Extrait de la préface de JY Leloup du livre Désert

Aube de l'Autre 4

Le voyage de la découverte
ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages

mais à voir les choses différemment.
Marcel Proust

Aube de l'Autre 1

Ces photos m’ont permis d’illustrer le livre de Gilles Farcet : L’Aube de l’Autre ». A partir du réel, elles peuvent conduire le regard bien au-delà, en laissant en suspens les questions qui taraudent notre habituelle curiosité. Mais c’est quoi, c’est fait comment, etc. ? Supporter l’inconfort du questionnement et écouter simplement ce qui chante en nous.

Photo entre voyeur et voyant

Photo entre voyeur et voyant

La vie est à caresser, elle se refuse à ceux qui veulent la saisir, la prendre, la comprendre. Elle se donne à la main qui ne herche pas un « quelque chose » mais s’ouvre à une présence jamais atteinte. Les secrets ne s’arrachent pas, ils se devinent. La caresse renonce à savoir pour mieux rencontrer, elle n’est pas « la connaissance de l’être mais son respect ». La vie est à respecter…

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Ce qui est vrai de la main, l’est aussi de l’esprit et du regard. Le photographe ne devrait pas savoir tout ce qu’il voit. Il y a de l’invisible qui rôde ou plutôt qui érode les brefs contours dont l’objectif a gardé la mémoire. Le voyeur peut devenir voyant, l’image la plus simple est alors l’icône la plus sûre ; ce sont les regards les moins pesants qui laissent dans l’image l’empreinte la plus forte.

Extrait de la préface du livre « Déserts », texte de Jean-Yves Leloup

Voir autres images ici

Simplicité de la photo méditative

Simplicité de la photo méditative.

Simplicité en ce qui concerne l’environnement photographié. Plus celui-ci sera « ordinaire », plus l’essentiel a une chance d’apparaître. Plus le style de photo va se trouver aussi mis à la portée du plus grand nombre. Inutile de rêver de sommets vertigineux ou d’atolls féériques. Le miracle de la vie est à débusquer au quotidien dans la banalité qui s’offre à nos yeux.

Simplicité aussi au niveau technique, surtout aujourd’hui où la technique de retouche d’image remplace et va bien au-delà des multiples filtres utilisés par le passé.

Déserts 10

La simplicité photographique a été le fil conducteur que je m’étais imposé pour la réalisation du livre « Déserts ». Voici ce que j’en disais déjà en 1993 dans sa préface.

Si les sujets photographiés comportent de multiples éléments symboliques pouvant parler à l’imaginaire, le style même des images véhicule à sa manière un message.
Le cadrage se fait exclusivement à l’horizontale, ce qui symbolise la terre, la condition humaine, pour laisser émerger, à travers un telle contrainte dûment acceptée, assumée, une réelle aspiration verticale non influencée par une orientation matérielle de l’image, mais suscitée par une réalité intérieure qui peut alors se manifester librement.

Déserts 11

L’œil est un sens redoutable : il nous enferme dans le monde des objets auxquels il a donné un nom. Se libérer de la tutelle du mental permet de retrouver la fraicheur de notre regard d’enfant : s’émerveiller d’une goutte d’eau et découvrir le jamais vu avec la sagesse de renoncer à la quête du spectaculaire. Cette libération permet aussi d’échapper à la sélectivité du mental qui n’enregistre que la partie nette et « utile » pour lui du champ de vision en nous privant du reste. Le flou d’un sujet en mouvement, la modification des perspectives, le manque de netteté résultant parfois de faibles profondeur de champ, concourent à éduquer notre regard pour voir ce qui est, pour passer de « voir quelque chose » à l’état de voir, puis pour tenter d’effleurer au-delà des apparences ce qui informe toute existence matérielle.

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Je pourrais encore ajouter, pour être plus précis au niveau « prise de vue », que les photos, non seulement n’ont pas été retouchées, mais qu’il n’y a eu aucun recadrage. Les seuls paramètres conditionnant le résultat sont : choix de la longueur focale, choix de l’heure, parfois après le coucher du soleil, modulation des temps de pose pouvant nécessiter l’usage de pieds. Les flous ne résultent pas que d’une maitrise de la mise au point ; des branches ou autres, quasiment au contact de l’objectif, peuvent créer des diffractions heureuses. L’effet de « grain » provient en bonne partie du choix d’un papier 20% chiffon, à l’opposé des papiers glacés assurant habituellement le meilleur rendu photographique. Le seul « trucage » a consisté en surimpressions : mais faites à la prise de vue et non ensuite, le processus respecte l’unité de temps et de lieu tout en illustrant l’amplitude variable de notre regard à même d’appréhender un paysage dans sa globalité et un détail qui s’y trouve. Tel est le cas de la couverture du livre.

Déserts 13

C’est ainsi que la photo n’est plus du tout une reproduction d’un réel mais une suggestion de quelque chose qui va au-delà du réel perceptible, une prise de conscience du mystère du monde visible pouvant nous conduire à  nous interroger sur son origine invisible. « Tout ce qui est visible est un invisible élevé à un état de mystère » disait le poète Novalis.

Quelques autres photos à découvrir ici

Musiques… de ton souffle : illustrations

Après « Déserts » voici le second livre du Fennec Editeur que j’avais illustré avec un certain nombre de photos mettant en valeur la nature toute proche, côtoyée au quotidien, sans avoir besoin d’aller dans de lointains pays…

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J’en profite ici pour donner quelques repères de technique photographique ; bien assimilés, cela n’entrave en rien la spontanéité de la photo méditative !

La couverture du livre : un tas de grumes stockées avec système d’arrosage. Contre-jour pour jouer sur l’effet « arc en ciel ». appareil sur pieds en pose lente (de l’ordre de la seconde) afin d’avoir, non des gouttelettes, mais leur trajectoire.

Musiques 1

Feuilles de chêne à l’automne avec les « fils de la vierge » et quelques gouttes de rosée. Grande ouverture afin de m’assurer d’un arrière plan flou donnant davantage de relief au sujet

Musiques 2

Ici, en bord de mer, la nuit tout juste tombée, appareil sur pieds et pose longue de plusieurs minutes permettant aux vagues venant exploser sur les rochers de créer ce paysage de montagne avec une mer de nuages en contre-bas !

Musiques 3

Rien de bien original si ce ne sont les caprices de la nature et les formes que notre imaginaire peut y trouver. Là aussi, peu de profondeur de champ pour ne pas distraire le regard avec des détails de l’arrière plan qui reste ainsi dans le flou.

Musiques 4

Un brin de roseau et l’heure propice où le soleil s’approche de l’horizon en agrémentant la surface de l’étang d’un superbe reflet éphémère

Musiques 5

Temps brumeux, pas de couleurs flatteuses : continuer de regarder sans attente  et restituer cette ambiance magique des terres de Bretagne avec  cet alignement de chênes. Téléobjectif pour cette impression de perspective « écrasée.

Musiques 6

Coquelicots dans champ de blé. Voici un bel exemple de découpe spatiale, sans composition qui focaliserait le regard sur un « sujet » bien cadré. Une telle découpe conduit le regard vers le « hors champ » en laissant imaginer l’immensité de ce paysage. Prise de vue à 45°, ni trop à la verticale, ni trop rasant, ce qui ne manquerait pas non plus de charme, mas serait une autre option.

Pour en savoir plus sur le contenu du livre, voir ici l’article qui lui est consacré

Les tout derniers exemplaires dispo ici

Photo et magie de la lumière

Photo et magie de la lumière

Si photographier, c’est écrire avec de la lumière, il est intéressant d’en savoir davantage sur celle-ci

La lumière représente la limite supérieure de la vitesse concevable dans notre « espace-temps ». Si elle est ainsi l’énergie la plus subtile de notre monde, ne serait-elle pas la plus « grossière » de ce qui se trouve au-delà des limites physiques de notre univers ? En se positionnant ainsi, ne pourrait-on pas y voir le médium idéal de communication entre notre monde et son au-delà ?

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La photo n’emprisonne pas la lumière : on ne peut la voir dans le noir. Elle ne restituera toute sa dimension que regardée à la lumière, et de préférence, avec celle de la prise de vue.

Le mécanisme de l’hologramme montre qu’une photo, a priori plane, une fois éclairée avec le faisceau laser d’origine va restituer le volume, la dimension qui semblait absente de l’image observée à la lumière naturelle.

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La photo inspirée

La photo inspirée

Photographier signifie bien, étymologiquement, écrire avec de la lumière.

La photo n’est à considérer ni comme miroir du réel, ni comme transformation du réel.
La photo représente une « trace » qui entretient avec son référent une relation caractéristique : cette connexion physique en fait une « empreinte » lumineuse.
Il faut être conscient que la photo est indissociable de l’acte qui la fait être et qui conditionne en amont la prise de vue et en aval sa présentation matérielle.

La photo « inspirée » est celle qui est réalisée dans un état de grâce durant lequel le photographe se sent unifié. Une telle photo a la capacité de toucher une autre personne qui ressentira à son tour un tel état, sans vraiment pouvoir l’expliquer.
Si la qualité du regard du photographe et son approche du monde sont déterminants, il ne faut pas négliger les dispositions particulières qui habitent le spectateur qui devra être conscient que la vue est un sens dangereux. Si elle permet d’étiqueter les choses et les êtres, elle risque de les transformer ainsi en « objets », obstacle à cette connaissance plus intime que permet la photo inspirée.

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L’aspect superficiel de ce qui apparait comme la « réalité » peut être un  piège.
Pour surmonter cet obstacle, la photo méditative est une invitation multiple.

  • Ne pas trop croire ce que l’on voit
  • Ne pas voir ce qui s’affiche
  • La photo devient davantage un objet de croyance que de vision
  • Si la photo n’a pas d’épaisseur, c’est peut-être pour mieux rechercher sa profondeur
  • La photo comme « trace », comme « empreinte » ne saurait  être l’image du réel. La considérer alors comme l’apparition d’une absence ?

Deux exemples tirés du livre « Déserts ». Habitation en pisé avec une mise au point sur les branches de palmier au premier plan. Femme lavant son linge avec une silhouette maternelle : la photo est prise à travers un buisson dont les branches touchant quasiment l’objectif viennent à créer ce flou et effet de halo. Ne pas montrer, suggérer et laisser l’imagination du spectateur réinterpréter l’image selon son inconscient.

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Photo méditative et cheminements

Photo méditative et cheminements

Le travail photographique auquel je me suis consacré durant plusieurs années m’a conduit réaliser ce premier livre « Déserts » avec les textes inspirés de Jean-Yves Leloup. A suivi « Musiques » puis « L’aube de l’autre » avec Gilles Farcet

Dans mon cheminement, les photos se sont progressivement réalisées comme matérialisation du regard nouveau que je portais sur mon environnement, moins attaché aux formes apparentes qu’à ce qui se cachait derrière, généralement ignoré bien que s’offrant au regard de tous ! Ces photos, en dehors de quelques principes de base, n’étaient pas le résultat d’un savoir-faire, d’une technique sophistiquée maitrisée.

La photo a ainsi été, dans un premier temps, un des supports ayant accompagné ma prise de conscience de ce qui existait au-delà du monde visible, peut-être même qui en était à l’origine.

Dans un second temps, la photographie a été un moyen de partage donnant ainsi à chacun l’opportunité de vivre une expérience pour prendre conscience de ses mécanismes et partir à la recherche de sa propre sensibilité en abordant les limites du visible et de l’invisible, de ce qui est montré et de ce qui est suggéré.

J’ai par la suite qualifié cette démarche de « photo méditative »

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Etre disponible, sans attente précise, en étant prêt à capter l’image quand l’extérieur entre en résonance avec l’intérieur.

Ici dans le désert, traces de pas que le vent commence à combler… traces laissées plus durablement par l’homme avec ce cairn habillé d’un bout de tissus. (extraits du livre Déserts)

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