Se nourrir, rituel de reliance à la vie

L’acte de manger nous donne ainsi l’opportunité de nous relier non seulement à ceux qui partagent notre repas, à ceux qui directement ou indirectement ont participé à sa réalisation, mais aussi à tous les êtres vivants de la terre, et en particulier aux plantes.

Reliance quasi physique !

  • Nous expirons du gaz carbonique tandis que les plantes absorbent tandis qu’elles rejettent majoritairement l’oxygène que nous inspirons dans un continuel « bouche à bouche » !
  • Les atomes qui constituent nos aliments concourent à l’élaboration de molécules qui nous apporte énergie et matériaux de construction pour notre corps. Et quand on sait que nos aliments ont été élaborés, végétal ou animal, en incluant des poussières venues du fond des âges… l’acte de se nourrir conduit à un véritable vertige métaphysique.

Dans toutes les traditions le repas se déroule par des rituels permettant de « rendre grâce ». Cette attitude est intimement liée à la conscience du miracle de la vie, indépendamment de toute appartenance religieuse. Elle émerge spontanément de cette prise de conscience et constitue un des volet de « l’éco-spiritualité laïque »

Parler de reliance à la Vie, c’est évoquer de manière très concrète le principe d’incorporation qui possède une triple signification :

  1. D’une part, le mangeur devient ce qu’il consomme, physiquement, ce qui vient d’être dit, mais aussi de manière symbolique. L’imaginaire est nourri par les qualités, réelles ou supposées culturellement, associées à un aliment : manger du lion, avoir du sang de navet, retrouver des saveurs d’enfance…
  2. D’autre part, le mangeur s’intègre dans une culture. L’alimentation devient le ciment d’une communauté, ce qui relie les hommes d’une même culture. Pas étonnant que certaines personnes répugnent à changer leurs habitudes alimentaires, probablement un héritage de nos ancêtres permettant de préserver son appartenance identitaire mise en danger dans un environnement mondialisé.
  3. Enfin c’est l’occasion de rappeler qu’au-delà des éléments matériels ou symboliques ingérés, il y a probablement une information créatrice transmise à nos cellules : tel était le postulat posé précédemment.