Liberté et nouvelle approche du sacré

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Approcher davantage de liberté commence par identifier les liens qui vous emprisonnent, vous asservissent pour les défaire alors qu’ils vous donnent souvent l’impression de vous sécuriser dans la routine et l’obéissance aux traditions rassurantes de nos ancêtres
Aussi l’arbitrage à faire entre héritage culturel et nouveaux fonctionnements des personnes en quête de liberté est intéressant à commenter. Il pourrait y avoir une réaction de rejet pure et simple, un mouvement brutal de révolution, deux attitudes qui traduiraient en fait encore une forme de dépendance au regard de ce qui est rejeté, voire combattu. Or c’est une troisième voie porteuse d’espoir qui se dessine. La juste position consiste à être libre de s’inspirer ou non de ce qui peut nous être utile, en toute indépendance.

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Approcher davantage de liberté commence par identifier les liens qui vous emprisonnent, vous asservissent pour les défaire alors qu’ils vous donnent souvent l’impression de vous sécuriser dans la routine et l’obéissance aux traditions rassurantes de nos ancêtres

L’arbitrage entre héritage culturel et fonctionnement des personnes en quête de liberté est intéressant à commenter. Il pourrait y avoir une réaction de rejet pur et simple, un mouvement brutal de révolution, deux attitudes qui traduiraient en fait encore une forme de dépendance au regard de ce qui est rejeté, voire combattu. Or c’est une troisième voie porteuse d’espoir qui se dessine. La juste position consiste à être libre de s’inspirer ou non de ce qui peut nous être utile, en toute indépendance.

Pour cela, voir ce qui suit, qui à été transcrit librement à partir du livre « Les Tisserands » d’Abdennour Bidar

« La liberté de conscience apparait à chacun comme son bien le plus précieux. Personne aujourd’hui ne supporte qu’on lui dise : « Voilà ce en quoi il faut croire ». Mais cela peut être articulé avec le fait d’hériter, dès lors que l’héritage n’est pas contraint mais choisi. L’héritage est un sol sur lequel l’être humain n’est pas retenu prisonnier par ses racines, mais sur lequel il choisit de s’enraciner. A cette condition, hériter devient une force.

Croyants et athées se retrouvent aujourd’hui associés, à leur insu, dans la même ignorance de la sagesse ancienne. Unis dans le déni de cette force de vie dans le cœur de chaque homme. Renouer le lien intérieur vise à rétablir la relation avec cette énergie sans être dépendant de l’entremise de prêtres ou de gourous.

A chacun désormais d’inventer sa voie spirituelle, de façon non pas solitaire mais personnelle : à chacun de devenir son propre maître ; à chacun d’aider les autres à le faire. Etre libre n’empêche pas de s’inspirer de ce qui a été fait par d’autres. L’équilibre est à trouver de façon personnelle, quelque part entre les deux extrêmes : l’imitation mécanique d’une méthode trouvée ici ou là, l’autosuffisance qui prétend ne se nourrir de rien d’extérieur. En l’occurrence, nous avons derrière nous des millénaires de traditions de méditation, de recueillement, de prière ou d’oraison, en Orient et en Occident, dont il serait absurde de ne pas prendre connaissance, pour en faire ensuite ce qu’on a décidé : les adopter, les adapter, les réinventer… ou les laisser de côté ! Pour nous tous, le choix d’hériter ou pas, est libre

Est-ce une solution de facilité ? Est-ce vraiment du spirituel à la carte que de tracer son propre chemin ? Tout au contraire. Ce qui est facile et paresseux, c’est de suivre comme hier et avant-hier des voies toutes tracées, par la tradition ou par ceux qui osent encore aujourd’hui se considérer comme des « guides religieux » autoproclamés.

Rien de plus difficile que de sortir des sentiers battus. Rien de plus exigeant, de plus noble aussi, et de plus digne de l’être humain que de tracer sa propre voie. Cette liberté est aussi redoutable qu’exaltante, notamment parce qu’en plus de requérir du courage il lui faut éviter deux risques majeurs : l’ignorance et l’individualisme.

Sur le plan de la connaissance des héritages, je me suis aperçu aussi au fil des années qu’il y avait encore un autre risque : accumuler une multitude de savoirs théoriques au point de se perdre finalement dans les dédales et les délices de sa propre érudition. Trop peu de savoir laisse ignorant. Trop de savoir encombre inutilement l’esprit. L’un maitrise telle langue sacrée mais se perd sans fin dans ses subtilités. L’autre jongle en virtuose avec les métaphysiques hindoue ou soufie mais s’y laisse ensorceler par sa propre intelligence. Etc.

Aussi pour ces adeptes d’une nouvelle relation au sacré, la liberté personnelle est l’exigence primordiale. Ils ne réclament pas seulement d’être libres de pratiquer une religion ou une méthode de méditation, ils veulent aussi être libres vis-à-vis de celles-ci. Lorsqu’ils reprennent tel ou tel héritage pour alimenter leur démarche personnelle, ils rejettent « d’instinct » tout ce qui dans les traditions religieuses est synonyme de soumission à des dogmes.

Au lieu de chercher des gourous, des maîtres, des directeurs de conscience ou des conseillers spirituels comme l’étaient les rabbins, les prêtres ou les imams, ces chercheurs croyants revendiquent de se guider eux-mêmes en écoutant la voix de leur « maître intérieur ». S’ils obéissent encore à des préceptes traditionnels, ou a des lois « religieuses », néanmoins ils ne supportent pas qu’on les leur impose et ils veulent choisir, exercer leur libre arbitre.

Voir l’exemple de l’École occidentale de méditation fondée par Fabrice Midal :
L’enjeu est avant tout d’inviter chacun à prendre le risque de son propre chemin, de chercher à en prendre la responsabilité. »