Désherber ou ensauvager sa vie ?

Gérard et ses petites herbes… vous connaissez ? Ah oui (petit sourire), la bonne adresse pour manger des orties !
Ne vous y méprenez pas ! Et si la petite herbe folle était messagère de secrets ? L’essentiel se manifeste souvent aux hommes de manière insignifiante, à croire qu’il souhaite se révéler en priorité, dans toute sa splendeur, aux cœurs simples.
Mais alors quel serait ce secret si jalousement gardé ? Cette petite herbe nous inviterait-elle à prendre conscience qu’en mangeant une soupe d’orties, nous communions avec ces forces de vie qui rythment les flots de sève sous les écorces, la course des étoiles, les pulsations de notre cœur ? La vie d’une herbe qui se donne pour entretenir, un temps donné, la nôtre.
Percevoir que derrière le pain qui accompagne cette soupe d’orties il y a conjonction de farine, d’air, d’eau, de sel, de feu et d’amour. Voilà encore une occasion de se connecter aux divers éléments de la nature. Chaque geste du quotidien peut s’éclairer de la même manière et participer au réenchantement de notre vie.
Nous voilà bien plongés au cœur du mystère du vivant. Inutile de chercher des explications ou de se rebeller. Accepter ce qui est, l’urgence étant de le vivre pleinement en conscience : émerveillement, respect, gratitude.
L’ortie nous a donné tout ce que sa nature d’ortie lui permettait de nous donner. Et nous, qu’avons-nous à donner à la vie pour que cette chaîne se poursuive harmonieusement ? Petits gestes au service d’une grande aventure.
Il ne peut y avoir de réponses toutes faites. Pour ma part, je me contente de partager cette question en la reformulant implicitement à travers de multiples activités, autant d’occasions d’ouvrir des fenêtres pour laisser ensuite le vent, s’il le souhaite, profiter de l’ouverture, souffler à sa guise… et apporter l’inspiration à certains.
L’objectif premier n’est pas de changer le monde mais de profiter de cet éclairage pour estomper la morosité ambiante en renouant avec notre âme d’enfant qui s’émerveille de la vie. Retrouver la joie, celle dont parle si bien Daniel Pons :

La joie, c’est Dieu en vous
Qui se lève
Qui s’ébroue
Et qui commence à sourire.

A partir de chaque action du quotidien, redonner sa place à la poésie, poser des gestes d’autonomie, retrouver des savoir-faire oubliés, retisser les fils d’une transmission brisée, se reconnecter à nos racines et apprendre à composer à nouveau avec les fées !
Voilà de quoi colorer le quotidien des uns, infléchir les activités professionnelles des autres, nourrir la nostalgie de chacun pour une vie meilleure. Une invitation à partager cette dynamique, ponctuellement ou de manière plus engagée. Alors, si cela vous parle, vous pouvez agir concrètement et rejoindre au plus vite ceux qui se passionnent pour ce qui m’anime. Les tâches ne manquent pas et les projets sont multiples. Et, en prime, tout en vous apprenant la langue des oiseaux, nous partagerons peut-être un soir, avec reconnaissance, une soupe d’orties ! Met sage d’herbes folles…

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