Les bonnes fermentations : un enjeu essentiel

Plonger au coeur du vivant
Renouer avec une sagesse millénaire

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Les aliments fermentés sont les plus sûrs au monde. Ce sont eux qui ont permis aux humains de résister à tous les aléas du passé, les épidémies, les famines. Les micro-organismes qui les fabriquent sont les mêmes qui composent notre microbiote (autrefois nommé flore intestinale) et sans lesquels nous ne pourrions pas vivre. Ces micro-organismes font partie de notre système immunitaire et détruisent les pathogènes.
Des techniques ancestrales et simples, qui ne demandent aucune énergie et qui ont nourri et sauvé l’humanité depuis l’aube de son existence sans interruption. Mais je crois que ce qui m’a le plus surpris c’est l’universalité des techniques, quelles que soient les époques et la distance géographique.
L’universalité des techniques et aussi de tout ce qui est culturellement lié aux aliments fermentés. Les symboles, les mythes et les prescriptions magiques sont partout les mêmes, qu’on soit dans la Chine impériale ou dans l’Amérique précolombienne, dans le fin fond de la Pologne médiévale ou en Afrique subsaharienne…
le fermenté, c’est le moyen de lutter contre la disparition de la biodiversité en général, et alimentaire en particulier. C’est non seulement favoriser toute une écologie de micro-organismes indispensables à notre vie, mais aussi lutter contre l’emprise des multinationales de l’agro-alimentaire dont l’intérêt économique est la rationalisation et l’uniformisation de l’alimentation. De plus, quand on constate que cela lutte contre le gaspillage alimentaire et qu’on n’a pas besoin d’électricité ni de pétrole ou de gaz pour la mettre en œuvre, que cela permet le maintien d’une agriculture paysanne, et que cela permet de diminuer la consommation de médicaments c’est la cerise sur le gâteau. Ce qui freine sa diffusion ce sont les mensonges des multinationales en question, qui font croire au consommateur que seule la nourriture qu’elles fournissent est saine et sans risques pour la santé. Mais cela commence à changer depuis les récents scandales alimentaires des lasagnes au cheval, et autres.
En conclusion, toute démarche visant à vulgariser ces techniques millénaires peuvent être ce  déclic pour que les occidentaux prennent conscience du trésor, du patrimoine que sont ces aliments à haute valeur ajoutée tant culturelle que sanitaire et gustative. Et pour montrer qu’il faut être vigilants, car c’est pour l’instant les multinationales de l’industrie alimentaire qui font les lois. Les lobbys sont à l’œuvre autour des politiques.
Marie-Claire Frédérique