Sagesse vagabonde

Vous trouverez ici une petite phrase, un témoignage, une image pouvant nous nourrir. Parfois une vidéo ou un PPS. Des pensées inspirées de la nature ou de diverses traditions choisies en ce qu’elles manifestent l’essentiel qu’elles ont en commun au regard du respect de la vie avec leur capacité à faire émerger émerveillement et gratitude. Manière de vous faire partager mes vagabondages sur les chemins de la sagesse !

Il te suffira si peu

Il te suffira si peu
Le vent qui passe
Le soleil qui agrandit ton ciel
Un oiseau qui chante
Un sourire qui illumine un visage
Une mélodie qui ruisselle
Ou un rouge qui chatoie
 
Pour que ton cœur se lève
Transparent et lumineux
Lavé des troubles et des doutes
Simplement dressé et joyeux
Sur ton chemin de cailloux blancs.

Merci à Michèle Théron  et son magnifique site inspirant : le jour et la nuit

Une simple bougie

Une simple bougie

Le sens donné au simple fait d’allumer une bougie découlera de l’intension que nous lui accorderons, car c’est bien là que tout se joue. Allumer une bougie sans intention ne servirait pas à grand-chose… juste faire joli ! Encore qu’avec une telle intention, le geste traduit une quête de beauté qui est la voie royale à la contemplation des mystères de la vie. Un tel geste parait tellement simple, anodin et pourtant quelle source d’étonnement d’apprivoiser ainsi le feu qui vient enchanter notre habitation durant quelques heures…

La bougie comme rappel.

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L’indispensable fête

L’indispensable fête

La fête est souvent devenue l’occasion de s’amuser, de se divertir, de passer du bon temps. Or cette vision est particulièrement réductrice par rapport aux fonctions traditionnelles de la fête : réguler les émotions, souder les groupes sociaux et se construire une culture commune. La fête marque aussi les passages de la vie : entrée dans la vie d’adulte, construction d’une maison, mariage, etc. Elle permet enfin la rencontre.

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Alors comment redonner quelques unes de ces dimensions à nos fêtes ? Telle est bien la question pouvant orienter les préparatifs et le déroulement de la fête pour ceux qui ressentent l’urgence de la vivre « autrement ». Les formules apparaissent à partir du moment où l’objectif nous apparait clairement. Elles se mettront naturellement en place sous le signe de la sobriété afin que la futilité des surenchères consuméristes ne vienne pas occulter l’émergence de cette précieuse joie spontanée qui ne peut se manifester que loin des artifices. Place à la créativité de chacun !

Le charme des porcelaines brisées

Le charme des porcelaines brisées
L’art du Kintsugi

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Le kintsugi « jointure en or » est une méthode japonaise de réparation des porcelaines ou céramiques brisées au moyen de laque saupoudrée de poudre d’or.
Le kintsugi serait apparu lorsque, à la fin du XVe siècle, le shogun Ashikaga Yoshimasa a renvoyé en Chine un bol de thé chinois endommagé pour le faire réparer. Le bol étant revenu réparé avec de vilaines agrafes métalliques, les artisans japonais auraient cherché un moyen de réparation plus esthétique. Cela relève d’une philosophie qui prend en compte le passé de l’objet, son histoire et donc les accidents éventuels qu’il a pu connaitre. La casse d’une céramique ne signifie plus sa fin ou sa mise au rebut, mais un renouveau, le début d’un autre cycle et une continuité dans son utilisation. Il ne s’agit donc pas de cacher les réparations, mais de mettre celles-ci en avant.

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La force symbolique de cet art me parait importante comme antidote à une culture du perfectionnisme qui nous détruit souvent, nous stresse toujours, nous démoralise et nous prive de notre capacité d’émerveillement en voyant les choses comme elles sont, en accompagnant les « outrages » du temps qui passe, en les mettant même en valeur sans chercher à les ignorer. Et l’association de la cicatrice et de l’or donne toute sa dimension à ce qui est un art véritable et pas un raccommodage. Alors, si nous mettions une pincée de poudre d’or sur nos propres cicatrices ? Pour cela, c’est notre regard qui devient l’artiste de cette transformation.

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Dans le même esprit vous pourrez, non seulement réparer, mais aussi utiliser les morceaux de poteries dans le jardin :

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Wabi-Sabi : le Charme de l’Usure, dans notre vie

Wabi-Sabi : le Charme de l’Usure, dans notre vie

Le Wabi Sabi, une véritable philosophie de vie d’origine japonaise qui suggère de revenir à la simplicité… en reconnaissant la beauté de tout ce qui est imparfait. Vouloir atteindre absolument la perfection dans tous les domaines de notre vie est à l’origine d’une grande partie de notre stress et de notre sensation de surmenage. Et si on arrivait à trouver le bonheur en reconnaissant justement la beauté des choses imparfaites ou inachevées ? Voici quelques idées toutes simples – et imparfaites – pour mettre un peu de Wabi Sabi dans notre vie quotidienne.

Le Wabi Sabi ?
Une tasse légèrement ébréchée, une peinture qui s’écaille, un trou dans un mur… voilà en quelques illustrations l’essence du Wabi Sabi. Le wabi Sabi est une notion complexe et assez difficilement traduisible en français

  • Wabi désigne plutôt la simplicité, une manière de vivre, la paix, l’harmonie. J’ai lu aussi qu’à l’origine le terme signifiait même triste, solitude, et que petit à petit il a évolué vers la notion de simplicité.
  • Sabi quant à lui désigne la beauté obtenue par l’épreuve du temps. C’est être capable d’apprécier ce qui est vieux, usé, imparfait.

Adopter la philosophie Wabi Sabi, c’est s’exercer à voir la beauté en toute chose. C’est également jeter un autre regard sur l’imperfection de toute chose, la sienne, celle des autres, celle des objets qui nous entourent.

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Aide-mémoire de ma grand’mère

Cinq façons de pratiquer le Wabi Sabi au quotidien

Premier exercice : porter un regard différent sur son environnement

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Autour de la beauté

Autour de la beauté

Comment qualifier cette émotion devant la beauté d’un spectacle qui engendre le vertige d’un émerveillement intense à la limite de la douleur ? Peut-être , comme l’exprime François Cheung

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« Chaque expérience de beauté
rappelle un paradis perdu
et appelle un paradis promis. »

Mais où pouvons-nous vivre cette expérience d’intense beauté ? Un paysage, une scène de la nature entre plantes et animaux, le cosmos, etc. On peut s’exclamer alors « c’est trop beau ! » comme on dirait « c’est trop bon ! » Pourquoi « trop » si ce n’est le ressenti de quelque chose qui nous dépasse et qui suscite un désir d’autre chose, d’un infini auquel nous appartenons et dont nous sommes coupés.
Et ce ressenti est variable selon les personnes, ce qui laisse penser que la beauté est bien dans les yeux qui regardent. Hubert Reeves va dans ce sens quand il déclare

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« La beauté naît de la rencontre
entre le monde et l’être humain qui le perçoit.
La beauté naît du regard de l’homme »

Et cette subjectivité est encore renforcée par le contexte dans lequel se trouve l’homme-spectateur

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« Sans la joue rose de l’aimée
qui peut dire belle la rose,
et sans un gobelet de vin,
qui peut dire le printemps doux ? »
Hafiz

Et si l’homme affine ses sens et son regard sur le monde qui l’entoure,
il sera à même de débusquer la beauté partout

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« La beauté est partout
même sur le sol le plus dur, le plus rebelle
la beauté est partout
au détour d’une rue, dans les yeux,
sur les lèvres d’un inconnu
dans les lieux les plus vides où l’espoir n’a pas de place
où seule la mort invite le coeur
la beauté est là
elle émerge, incompréhensible, inexplicable
elle surgit unique et nue
à nous d’apprendre à l’accueillir en nous »
Kenneth White
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« Bénis sont ceux qui voient la beauté
dans d’humbles lieux
là où d’autres n’y voient rien.  »
Camille Pissaro.

Alors la beauté qui est perçue atteste d’un regard purifié sur notre monde ; alors peuvent surgir l’émerveillement et la gratitude face aux mystère de la Vie.

Les Navaros ne s’y trompaient pas quand ils mettaient la recherche de la beauté au cœur de leur cheminement spirituel :

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La beauté devant moi fasse que je marche
La beauté derrière moi fasse que je marche
La beauté au-dessus de moi fasse que je marche…
La beauté au-dessous de moi fasse que je marche
La beauté tout autour de moi fasse que je marche

Daniel Poop, lors de ses nombreuses randonnées dans des milieux extrêmes -montagnes et déserts-
a bien ressenti et exprimé la portée de cette émotion

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La beauté pointe directement à sa source.
L’émotion surgit, porteuse de toutes les questions
qui jaillissent du fond des entrailles d’un homme,
dont la réponse ultime est le socle,
la source même de cet homme

Alors, nul besoin d’un paysage extraordinaire, d’une musique particulière, d’une situation privilégiée ; le regard affiné pourra débusquer et contempler la Beauté partout, et en particulier face au spectacle de la lente dégradation des choses ; la tristesse de l’altération et la beauté qui en résulte se renforcent mutuellement, comme l’exprime Jacques Serena.

Ceci dit, si l’exercice consiste à éduquer notre regard et à voir avec le cœur, cela ne nous autorise pas à négliger l’invitation permanente de manifester notre créativité : la beauté est toujours au rendez-vous dès que l’on accepte de laisser la vie s’exprimer à travers nous, sans jugement, sans comparaison, juste pour le plaisir de laisser la vie s’émerveiller de la vie, cette vie qui prend plaisir à la vie…

La lente dégradation des choses

La lente dégradation des choses

La Beauté est partout, et en particulier face au spectacle de la lente dégradation des choses.

Nous sommes au coeur de ce que les Japonais qualifie de  « Mono no aware »
C’est un concept esthétique et spirituel qu’on pourrait traduire par
la sensibilité pour l’éphémère.
Cette expression signifie littéralement : « l’aspect ah ! des choses ».

Bouquet de dahlias fanés
Pétales tombés au sol
Peinture écaillée et rouille
Vieux mur et mousses

La tristesse de l’altération et la beauté qui en résulte se renforcent mutuellement

Leçons de sagesse au coeur de la forêt ?

Leçons de sagesse au coeur de la forêt !

Comment cohabiter quand on est nombreux sur un même territoire avec des identités différentes ?
La forêt nous donnerait-elle un exemple (une leçon ?)

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Les traditions ancestrales proches de la nature avaient perçu le message.
Ce proverbe ivoirien en témoigne :

Quand les branches se querellent, les racines s’embrassent

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Le charme de l’usure, en décoration – Wabi-Sabi

Le charme de l’usure, en décoration – Wabi-Sabi

 

L’esthétique japonaise du Wabi-Sabi tient plus d’une philosophie que d’un style de décoration.
Née de l’influence de la spiritualité zen et des croyances taoïstes, elle célèbre la beauté de l’ancien, de l’usure, des choses simples et modestes, des choses imparfaites et authentiques ayant subi l’altération du temps.

Le terme Wabi-Sabi unit deux concepts :

  • Wabi: la solitude, la simplicité, la nature et sa dissymétrie
  • Sabi: les choses vieillissantes, la salissure, la patine, l’usure du temps…

A la rencontre de ces deux idées s’est développé une esthétique très subtile qui s’intègre de multiples manières dans la décoration de nos intérieurs.

Une volonté de s’inspirer de la nature

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Vie et mort au fil des saisons

Vie et mort au fil des saisons

Vie et mort, les deux faces de la même réalité mystérieuse de la Vie, insoutenable réalité pour qui n’accepte pas ce mystère ! Facile à dire…
Le cheminement de toute une vie : accepter et remercier !

Les prouesses du printemps émergeant de l’hiver me conduisent dans ce genre de réflexion, au cours de mes balades en forêt !

Au détour d’un chemin un vieux calvaire présentant un Christ en croix, et à ses pieds, un crâne symbolisant la mort vaincue.

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Et voici un « squelette » de feuille de châtaigner sur le bord du même chemin, dans toute sa beauté ! Au-delà de la perte matérielle de la substance de cette feuille,  invitation à s’émerveiller, face à la révélation de son essence intime, glorifiée par le soleil : une réalité que la feuille vivante cachait en son sein. Dépouillement de sa matière pour révéler sa structure. Les japonais en ont fait un art à part entière (voir en fin d’article) : sublimer la mort au-delà de ce que la nature elle-même peut faire, comme ici :

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Et parmi un tapis d’autres feuilles morte de châtaigner, la vie qui jaillit sous d’autres formes !

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Exemples de sculpture et de peinture réalisées avec des squelettes de feuilles :

« Quand la nature s’habille des couleurs de l’Esprit »