Mystères du Vivant

Bien se nourrir, veiller aux gestes « éco-citoyens », apprendre à faire soi-même, cultiver son jardin de manière écologique, apprendre à vivre mieux en dépensant moins : voilà ce que vous trouverez à travers nos activités. Leur originalité vient de l’éclairage particulier qui les baigne pour vous inviter à prendre conscience de ce qui les inspire. Approcher la logique du vivant permet de dépasser des recettes ponctuelles pour remonter à la source du mystère qui pourra guider toutes vos activités et donner des repères face à toutes les situations. Occasions de s’interroger non seulement sur ce que nous faisons mais sur ce que nous sommes profondément, mystérieusement.

La vache qui rumine !

Observer la nature et s’en inspirer est une démarche qui se heurte toujours aux limites du filtre de nos sens et de nos références. C’est pourquoi observer la nature n’est pas toujours suffisant ; il est utile d’identifier nos mécanismes de manière à être réellement réceptif aux messages du vivant en limitant le risque de les interpréter pour les utiliser en vue de conforter les positions que notre égo répugne à remettre en cause.
Illustration humoristique en regardant une vache ruminer ! Nicole Ferroni nous donne en même temps une magnifique illustration de ce que la PNL qualifie de « collection de timbres ».
Ecouter cette émission sur France Inter est possible jusque fin 2015 ! Suivez le lien

……………………………………………….. Une vache qui rumine

 

Regard sur la nature

« Vous évaluez l’oiseau, l’arbre et le chant, en poids, en profit. La bête n’est plus la bête, dans votre regard elle devient viande. La forêt n’est plus la forêt, dans votre regard elle est stères, mètres cubes, charpentes, charbon, copeaux. L’homme n’est plus homme, dans votre regard, il est bras, sueur, consommateur et machine exploitable. Vous oubliez que le chant, l’odeur et l’horizon, sont ma richesse. »

Evoquer notre relation à la nature n’a de sens qu’en utilisant d’autres modes de connaissance et de partage pour en faire ressentir la délicate et puissante saveur. Sur un chemin d’élévation de la conscience, le piège serait d’ajouter de nouvelles connaissances à d’anciennes. La première étape est de s’appauvrir, de mettre de côté nos connaissances et nos certitudes. « Tu te dois d’être un pédagogue à l’envers : il te faut inciter à désapprendre. La source qui jaillit de toi doit laver les têtes, afin que les cœurs s’en trouvent renforcés. » écrivait Daniel Pons.

J’ai découvert ce texte dont un extrait figure en introduction de cet article ; il évoque avec force et poésie notre lien à la nature. Continuer la lecture

L’homme-joie

Un cadeau que je m’empresse de partager : un nouveau livre de Christian Bobin. J’y ai relevé ces quelques passages dans lesquels la poésie permet de pressentir la saveur de l’indicible !
C’est la qualité de notre regard qui nous permet de réenchanter notre vie.

Il parle d’un instant d’émerveillement avec la vue d’un « cheval lourd mastiquant de l’herbe engraissée par des jours et des jours de pluie » lui permettait de contempler un instant « un sage à tête de cheval qui mâchait la lumière verte mouillée de pièces d’or. Cette vision avait quelque chose de religieux. La vie banale était tranquillement soulevée au-dessus d’elle-même (…) Le cheval brun, sa tête plongée dans l’or et les herbes dociles, composait une phrase infiniment rassurante sur la vie (…) le miracle est là, dans la même vue je découvrais un ange mangeur d’étoiles, un moine des heures oisives, la preuve que la vie n’était pas fâchée avec nous, qu’elle n’avait jamais été aussi proche, immatérielle, impalpable, verte et jaune avec son portier nonchalant à tête de cheval. »

« Le miracle arrive (…) quand s’éveille ce qui dormait sous nos yeux »

Ce regard qui transforme un cheval, plus loin un pois de senteur permet le même miracle avec les tâches les plus insignifiantes :
« Faire la vaisselle est une activité métaphysique qui redonne à un morceau de matière un peu de l’éclat du premier matin du monde. » (…) La vaisselle renait deux fois par jour. Son mouvement est celui des marées, une pulsation de l’énigmatique banalité des jours. »

L'homme-joie Bobin

Et au passage son appréciation sur l’impact de la télévision :

« Dans les lointains, une télévision accomplit sa morne besogne comme un bourreau tranchant sans émotion les têtes divines du silence et du songe »
La recherche du paradis, ce n’est pas hier ou demain, mais maintenant, car « C’est par distraction que nous n’entrons pas au paradis de notre vivant, uniquement par distraction ».