L’arbre, lien entre la terre et le cosmos

L’arbre, lien entre la terre et le cosmos

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« Un arbre, c’est la Vie …
C’est toutes les saisons de la Vie
… avec son temps de fleurs.
avec son temps de fruits …
avec ses feuilles qui tombent
et ses bourgeons qui renaissent »

Je voudrais ajouter quelques mots à cette parabole des arbres
Voir article : regarde les arbres comme ils travaillent

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« Avoir confiance dans l’action des arbres, pourtant, ne suffit pas, mon fils. Il faut aimer les arbres, les protéger, les respecter, leur permettre de se multiplier. »

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« Essaie -mon fils- d’apporter ton concours à cette œuvre gigantesque : il y va de l’avenir de ceux dont toi, un jour, tu seras aussi le grand-père.

Puisses-tu, lorsque tu seras arrivé au soir de ta vie, avoir compris le sens du témoignage d’amour que je dédie ici à l’arbre, ce trait d’union si frêle et fragile à la fois, entre le cosmos vers lequel les branches se tendent, et la terre dans laquelle plongent ses racines. Si frêle, parce qu’il cherche à relier, par ses tentacules dérisoires, une planète à son univers. Mais aussi si puissant quand il joue, de concert avec des centaines de millions d’arbres, sa partition dans le grand orchestre des vastes étendues forestières. »

Pierre-Jakez Helias

Regarde les arbres comme ils travaillent !

Regarde les arbres comme ils travaillent !

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« Regarde, regarde les arbres comme ils travaillent.

– Qu’est ce qu’ils font grand-père ?
– Ils rattachent la terre au ciel. Et cela, c’est très difficile. Vois-tu, le ciel est si léger qu’il est toujours sur le point de prendre la fuite. S’il n’y avait pas d’arbre, il nous dirait adieu le ciel. Alors, il ne nous resterait plus qu’à mourir. Mais, heureusement, il y a les arbres…
Regarde ce tronc rugueux, tu vois. C’est comme une grosse corde. Il y a même des nœuds dedans. Mais à chaque bout, les fils de la corde se desserrent et s’élargissent pour s’accrocher au ciel et à la terre. On les appelle des branches en haut et des racines en bas. Mais c’est la même chose. Les racines cherchent leur chemin dans le sol de la même manière que les branches cherchent leur chemin dans le ciel.

– Mais grand-père, c’est plus difficile d’entrer dans le sol que dans le ciel !
– Hé non mon fils. Si c’était vrai, les branches seraient droites. Et vois comme elles sont tordues sur le vieux pommier ! Elles doivent aussi chercher leur chemin. Elles poussent. Elles changent de direction. Elles ont parfois bien plus de mal que les racines.

– Et qu’est-ce qui leur donne tout ce mal, grand-père ?
– C’est le vent. Le vent voudrait séparer le ciel et la terre.
Les arbres tiennent bon. Mais c’est une sacrée bataille, mon fils. »

Et nous, grand-père, que devons-nous faire ?
Avoir confiance, mon fils. Avoir confiance dans les arbres contre le vent »

Pierre-Jakez Helias

L’âge de l’enthousiasme

L’âge de l’enthousiasme

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Il n’y a pas de lien entre jeunesse et enthousiasme ; celui-ci existe et il est probablement plus profond à l’âge mûr et dans la vieillesse. Les exemples abondent dans tous les domaines scientifiques, artistes, entrepreneurs… Avec l’âge la clarté des enjeux s’affine, s’affirme. C’est ainsi que la conscience d’une impérieuse nécessité conduit à donner forme à ce qui est ainsi perçu, à donner vie à cet élan intérieur qu’on appelle enthousiasme. Et cet élan créateur peut devenir encore plus pressant quand il y a le sentiment du temps qui passe et l’urgence de mener à bien ce qui nous anime en y consacrant pleinement les jours comptés qui restent à vivre.

Le Yugen et la beauté mystérieuse

Le Yugen et la beauté mystérieuse

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Le Yugen transcende la forme et s’attache au mystère des choses. Cet autre concept esthétique japonais est celui d’une beauté subtile, diffuse, faite de résonances infinies. C’est la grâce du non-dit, du suggéré, du « juste capté » et du secret. Plus encore que le « Mono no aware », le Yugen renvoie à la notion d’impermanence : tristesse et plaisir s’allient dans l’amour du dénuement, du « non-avoir », du vide pur au-delà de toute explication et de toute parole.
Le yūgen qui peut se traduire par la beauté profonde, la beauté mystérieuse ou le charme subtil, est un concept de l’esthétique japonaise appliqué aux arts, aux arts scéniques, à la littérature et à la poésie.

Le yūgen renvoie à la compréhension et l’évocation nostalgique de la beauté mystérieuse du monde. Il ne s’agit pas de faire appel à l’imaginaire ni de décrire la réalité concrète, mais de percevoir le monde comme doté d’une profondeur implicite que les artistes peuvent exprimer subtilement. Le yūgen prend donc souvent la forme du mystère, de la profondeur, de l’élégance et de la nostalgie, associés à l’ancienne culture aristocratique.

Pour mieux illustrer cette approche de la beauté à la japonaise, rien de tel que d’approcher l’oeuvre de  Kaii Higashiyama.
Avec sa valisette de peintures et d’aquarelles à la main, il s’est promené à la recherche de l’âme des paysages, il a saisi leur magie unique, capturé leur éphémère beauté intime. Il les a fixé sur la toile avec sensibilité.

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Ses œuvres sont à la fois d’une simplicité naïve et d’une profondeur méditative, illustrant cette beauté mystérieuse du Yugen.

Alors quand ce regard sur le monde devient un travail de conscience permanent, il est possible de commencer à se faire plaisir avec les premiers pas.

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Mujo ou l’impermanence

Mujo ou l’impermanence

C’est seulement quand le temps s’arrête que nous pouvons accéder à un état de pure intensité. Les japonais ont un terme pour cela : Mujo.

Mujo, c’est prendre conscience que tout est instable et que rien n’est constant. Tout est transitoire, mais c’est justement ce côté éphémère des choses qui fait le charme de l’existence. Que serait la mer sans les vagues, une montagne sans brumes, une personne sans défauts ?

Le mujo, signifiant «l’impermanence de toute chose», est un concept bouddhiste basé sur l’évolution, le changement. Toute chose qui existe doit nécessairement avoir un début et aura un jour une fin. Selon cette philosophie, le présent n’existe pas. Les conceptions du présent, du passé et du futur sont illusoires. Le temps se résume alors à la notion d’instant.

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Sabishii ou le vague à l’âme

Sabishii ou le vague à l’âme

Il existe en japonais un terme particulièrement beau, « sabishii », qui signifie triste, solitaire. Son idéogramme est fait de trois gouttes d’eau sur du bois. Cette solitude nous emplit d’un vide étrange.

Bizarrement, nous avons besoin de ce « vague à l’âme » : nous l’aimons. Nous le recherchons dans les chansons, les films et les romans tristes. Nos émotions vivent alors plus fort que d’habitude. Une dose homéopathique de souffrance et de tristesse nous ouvre à un enchantement faible, au bord du sensible, à un au-delà lumineux et probable.

Inquiétude mélangée de tristesse, bonheur intense et grave, tragique apaisé…
Comment nommer cet état d’âme dans un monde où tout est balisé ?

Choix d’une mascotte

Choix d’une mascotte

Quand on ramène la démarche d’enseignement à l’essentiel : donner des racines pour que les ailes de chacun se déploient, les bases étaient évidentes pour concevoir avec une amie graphiste la mascotte de Jardin Gourmand.
Parmi les mots clé qui ont présidé à cette recherche, notons ceux relatifs au rêve, à la nature, à l’émerveillement, aux mystères de la vie…
En s’appuyant sur l’imagerie enfantine, la mascotte était aussi une manière d’évoquer la nature vivante tout autour de nous, nature source d’enseignements.

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Le choix s’est naturellement porté sur le gnome, plutôt qu’un lutin ou autre personnage du monde des esprits de la nature. En effet, parmi tous les personnages magiques qui représentent l’élément terre, le gnome a une place à part : son nom est en relation avec le grec gnôtein qui signifie savoir. Le gnome est donc celui qui connait les secrets et les trésors de la Mère-Terre, la Pachamama ! (Zwarigala en dialecte alsacien).
La mascotte adoptée du gnome est visiblement un “vieux” sage, mais avec une allure encore bien jeune et un peu de malice dans le regard. Il n’est pas ridé comme une vieille pomme. Sa barbe et ses lunettes ainsi que son livre expriment bien le fait qu’il détient le savoir et la connaissance. Assis sur une souche d’arbre, il est bien « enraciné » dans la terre.
Conçue en 2011, cette mascotte n’a pas pris la moindre ride ! Elle me semble toujours, en 2017, symboliser les activités de formation et de partage de Jardin Gourmand.

Entre tradition et modernité

Entre tradition et modernité

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La modernité ne saurait être salutaire qu’à la condition de rester connectée à cette chaine qui existe depuis la nuit des temps et répond à cette double aspiration des hommes : apprendre et transmettre
Ce fil de la transmission conforte notre place et magnifie notre rôle d’humain -pris en tant que tel- sans céder à la comparaison avec d’autres personnes qui seraient plus douées. Et peut importe le domaine concerné. S’insérer dans cette chaine de transmission donne du sens à notre vie… et une responsabilité. Cette référence au passé, aux traditions, aux savoir-faire ancestraux est aussi une inépuisable source d’inspiration mais pourrait bien, pour qui n’y prend pas garde, devenir un enferment. Martin Buber l’exprime clairement en une phrase qui m’accompagne depuis bien longtemps.

« La tradition est la plus belle des libertés pour la génération qui l’assume
avec la conscience claire de sa signification,
mais elle est aussi l’esclavage le plus misérable
pour celui qui en recueille l’héritage par simple paresse d’esprit. »

Alors si nous apportions notre contribution pour que le rêve d’Eva Morales se réalise ?

Un Monde où nous créons des nouvelles traditions,
tout en honorant et respectant les traditions de nos Ancêtres
et de nos Grand-pères et Grand-mères…
Un Monde où ce rêve se réalisera..
Je fais confiance au Grand Esprit qui siège dans mon cœur
comme dans le cœur de chaque créature,
il est mon Faiseur de Rêve et comme je l’écoute mon rêve deviendra réalité…

Des racines et des ailes

Des racines et des ailes

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Transmettre, certes, mais que de questions se posent !
Serait-ce prétentieux ou irréaliste ? Et que transmettre vraiment ? Et comment ?
Comme le disait un vieux sage africain ou un proverbe chinois :

On ne peut donner que deux choses à nos enfants :
des racines et des ailes ».

C’est probablement là le défi d’une vocation de partage, sa grandeur et ses limites.

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Retrouver nos racines, ce bons sens paysan, la sagesse de nos ancêtres, s’inscrire dans une histoire qui constitue nos fondements à partir desquels il sera possible de prendre l’élan pour voler de nos propres ailes. C’est en regardant le passé que le présent prend une nouvelle dimension et nous permet de trouver des pistes pour un futur qui est à imaginer, à créer pour l’accomplissement qui donne un sens à toute vie.